En annonçant que les Français de l’étranger ne pourraient finalement pas voter par Internet pour les législatives de juin prochain, le Quai d’Orsay a fait face à un certain nombre de protestations. Mais selon l’Anssi, le risque que la plateforme de vote soit rendue inaccessible suite à une attaque informatique ne pouvait pas être ignoré. Une décision justifiée par un « niveau de menace extrêmement élevé de cyberattaque ».

D’après un sondage réalisé par Harris Interactive pour Le Parisien, 56% des Français souhaiteraient voter par internet. Et 58% des abstentionnistes lors des précédents scrutins déclarent que s’ils pouvaient voter électroniquement ils le feraient. Pourtant le vote par internet est loin d’être généralisé en France. Et avec l’année électorale qui se prépare actuellement, la question de son déploiement massif refait surface.

Un risque d’attaque trop élevé

En effet, cette année, les Français seront appelés 4 fois aux urnes. A trois mois de législatives, le gouvernement vient de prendre la décision d’annuler le vote par Internet pour les Français de l’étranger pour cette élection. Une décision prise sur la base des recommandations de l’Anssi (Agence nationale pour la sécurité des systèmes d’information). Le vote électronique existe pourtant depuis 2012 sauf pour l’élection présidentielle. Compte tenu « du niveau de menace extrêmement élevé de cyberattaques qui pourrait affecter le déroulement de vote électronique », le scrutin se fera de façon traditionnelle, a annoncé le Quai d’Orsay le 6 mars dernier.

Il existe 11 circonscriptions hors de France qui comptent plus d’un million d’inscrits sur les listes électorales. Lors des législatives de 2012, plus de la moitié des votants basés à l’étranger avaient désigné leur candidat via internet (57,4% au premier tour et 53,5% au second).  « Mais depuis il y a eu les soupçons sur l’élection américaine, la décision des Pays-Bas de renoncer au vote électronique pour les élections législatives du mois de mars : il s’agit d’un contexte très précis », a expliqué Matthias Fekl, secrétaire d’État chargé du commerce extérieur, de la promotion du tourisme et des Français de l’étranger. « Qui aurait pu comprendre qu’en juin prochain, à l’issue de l’élection présidentielle, on laisse s’organiser des élections législatives qui ne soient pas 100% fiables et incontestables ».

La cybersécurité : un sujet majeur au niveau national

La question de la cybersécurité est essentielle pour le gouvernement, notamment lorsque cela touche aux élections. D’après les informations dévoilées par le Canard Enchainé, la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) prend la menace d’une cyberattaque durant les présidentielles très au sérieux.

« Nous n’accepterons pas, quelque ingérence que ce soit dans le processus électoral »,  Jean-Marc Ayrault, ministre des Affaires Étrangères.

De son côté, François Hollande a demandé une « mobilisation de tous les moyens nécessaires de l’Etat pour qu’aucune action malveillante ne puisse venir entacher la campagne et le vote ».

C’est donc pour ne pas prendre de risque que le gouvernement a décidé d’annuler le vote électronique pour l’élection des députés des Français de l’étranger. Ces derniers peuvent voter de 4 manières différentes : le vote à l’urne, le vote par procuration, le vote par correspondance sous pli fermé et le vote par correspondance par voie électronique. Cette dernière méthode est soumise à condition : que le caractère secret du vote soit garanti, ainsi que la sincérité du scrutin. Suite à deux testes grandeurs nature, organisés en novembre et en février, l’intensité des menaces et la fragilité de tout système électronique sont apparues clairement.

Un niveau de menace bien plus élevé qu’en 2012

« Jusqu’au dernier moment, nous avons essayé de faire en sorte que la plateforme soit d’un bon niveau », a expliqué Guillaume Poupard, directeur général de l’Anssi à Next INpact. « C’est une déception pour tout le monde, pour nous, pour les représentants des Français de l’étranger qui y voyaient un axe de progrès ». Depuis 2012, des travaux ont été effectués pour rendre le dispositif le plus sûr possible. « Si la plateforme est clairement meilleure qu’en 2012, le niveau de la menace est aujourd’hui bien supérieur ».

Si l’Anssi est consciente des avantages que représente le vote électronique, notamment pour ceux qui vivent loin du premier bureau de vote, elle redoute une attaque d’envergure qui rendrait le système indisponible par exemple. Guillaume Poupard s’inquiète égalent des cas « de manipulations fines, pourquoi pas la publication de la liste des Français qui ont voté pour tel candidat. En termes de fonctionnement démocratique, ce serait grave ».

Le ministère des Affaires Étrangères et du développement international, avec l’appui du réseau consulaire, a annoncé qu’il mettrait tout en œuvre pour que les Français inscrits sur les listes électorales consulaires puissent exercer leur droit de vote pour les législatives. Des bureaux de vote seront ouverts sur les mêmes sites que pour les élections présidentielles, de nouvelles tournées consulaires seront organisées pour recueillir des procurations et la date limite d’inscription pour le vote par correspondance devrait être repoussée.  « Les votes par correspondance et par procuration seront facilités et encouragés », a promis le gouvernement.

La confiance numérique, un préalable nécessaire

Les questions liées à la cybersécurité ne concernent pas uniquement la sphère publique. Les entreprises sont également des cibles privilégiées pour les hackers. Si la menace est aujourd’hui bien réelle, des solutions permettent désormais de se prémunir contre de telles attaques. Des solutions qui permettent de placer la confiance au cœur des échanges. C’est le cas des certificats numériques notamment qui attestent de l’identité d’une personne physique ou morale, et sont souvent utilisés pour l’authentification des utilisateurs d’une plateforme sécurisée.

 

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Hélène Toutchkov

Hélène Toutchkov
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